Pourquoi je cours

Cela fait bientôt 4 ans que je cours plutôt régulièrement. En fait, de plus en plus régulièrement: je cours pratiquement 6 jours par semaine depuis quelques mois déjà, cumulant entre 80 et 130 km environ par semaine.

Certains critiqueront la distance courue hebdomadairement: courir par volume n’est pas propice à une amélioration de la performance. En fait, nous serions en droit de penser que de courir beaucoup peut possiblement être contre-productif et en plus, mettre en jeu la santé en augmentant le niveau de fatigue et les possibilités de blessures. Voilà; vous savez que je sais.

Alors pourquoi est-ce que je cours tellement?

D’abord, revenons à un épisode passé de ma vie; le cyclisme de longue distance et pour être précis, mon expérience du Paris-Brest-Paris, en 2011.

En 2009, je faisait mes premières armes en pignon fixe; ces vélos dont la roue arrière est solidaire au pédalier. En d’autres termes, tant et aussi longtemps que la roue arrière tourne, le pédalier tourne aussi, que cela soit vers l’avant (en avançant) ou l’arrière (si on va à reculons pour les rares habiles qui en sont capables). Bref, un vélo qui mimique la démarche du mouvement des jambes.

J’aimais tellement ça que tous mes vélos depuis 2009 sont des pignons fixes! L’un est plus léger, l’autre utilitaire, et le dernier est fait pour la randonnée de longue distance.

À cette époque, j’étais membre du CVRM (http://pages.infinit.net/cvrm/), le Club Vélo Randonneur de Montréal, lequel est associé au club Audax Parisien (http://www.audax-club-parisien.com/FR/), lequel est le plus vieux club cycliste au monde. Il vise à promouvoir le cyclisme à travers des brevets de randonneur mondiaux (BRM) ou les cyclistes font des distances de 200, 300, 400, 600 ou 1200 km, à une vitesse moyenne de 15 km/h, et dans des temps précis. Le Paris-Brest-Paris (PBP), épreuve de 1200 km regroupant plus de 5000 cyclistes, m’intéressait énormément.

Alors pour y participer, je pensais que ce serait bien de le faire avec un vélo de ma fabrication (http://www.lesjambesdacier.com/blog/?page_id=523), ce que j’ai fait (tant bien que mal). Et j’ai complété cette épreuve-là assez bien aussi: en 87 heures et 26 minutes (http://www.paris-brest-paris.org/index2.php?lang=fr&cat=randonnee&page=resultats). Mais ça n’a pas été sans mal…

Si voue en avez le temps, vous pourrez consulter mon rapport de cette expérience ici: http://www.lesjambesdacier.com/blog/?page_id=652. Les dernières étapes furent déterminantes à ce qui suivra plus tard.

J’ai beaucoup appris de cette épreuve. Entre autre, que le mental a un rôle de première importance dans une épreuve de longue distance, de même que la gestion de la douleur. Lors du PBP, j’ai eu à lutter contre un mental négatif. Tout ce que j’entendais en mon for intérieur était d’arrêter, de retourner, que cela ne me tentait plus, et que rendu à mi-chemin, je devrais prendre le TGV et revenir à l’appartement de Paris. Bref, la motivation était diablement négative!

En plus, j’avais cette douleur au cul sans pareil, que je n’avais jamais ressenti de ma vie auparavant. L’impression que mon derrière allait s’ouvrir, et que mon siège était une plaie tumescente, sanglante mais bien vivante.

Il me fallu quelques mois, peut-être même quelques années pour comprendre quelque chose de très simple. Je m’étais entraîné à une des plus importantes épreuves de vélo au monde, avec deux bras dans le plâtre pour une partie de cette période-là, sous la gouverne d’un entraîneur personnel, avec un vélo difficile pour ce genre d’épreuve (pensez-y: pédaler sans arrêts pendant 90 heures, même en descendant les pentes). Et j’avais réussi!

Mais je ne m’étais pas entraîné pour cultiver le plaisir de cette activité

Comprenez-vous? Le motivateur principal à l’épreuve était totalement absent. Bien sûr, j’avais d’autres motivateurs: l’argent investi, le temps investi, la conviction de ma capacité à compléter l’épreuve….  Mais pas le plaisir!

Cette épreuve, le PBP, rend humble, très humble…  Mais ce qui nous fait apprécier davantage cette humilité, c’est bien la joie que nous procure l’activité en elle-même, autant au moins que de l’avoir complétée.

Alors aujourd’hui, et surtout au cours de l’année 2014, j’ai couru pour le simple plaisir de le faire. Parce que je sais que c’est l’ultime investissement dans le futur; si je n’ai pas de plaisir à cette activité, comment pourrai-je accomplir les épreuves et les défis à venir avec l’espoir de répéter, refaire, ou aller plus loin?

Alors je m’abandonne dans ce plaisir.

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2 réflexions sur “Pourquoi je cours

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