Les niveaux de difficultés (1)

« We choose to go to the moon. We choose to go to the moon in this decade and do the other things, not because they are easy, but because they are hard, because that goal will serve to organize and measure the best of our energies and skills, because that challenge is one that we are willing to accept, one we are unwilling to postpone, and one which we intend to win, and the others, too. »

Difficulté:
La difficulté exprime la peine ressentie en réalisant une fonction, un travail ou un objectif.

Lorsque je pense à une difficulté, le discours de Kennedy pour annoncer le programme ambitieux qui permettrait à l’humanité d’enjamber une distance comme 9 fois et demi séparant notre Terre d’avec son satellite me reviens toujours à l’esprit. Un petit pas qui a requis un travail titanesque, une planification hallucinante, des moyens extraordinaires, et une volonté indéfectible…

Bien sûr, m’entraîner à courir n’est absolument rien en comparaison.

Par contre, l’effort exigé pour progresser reste important. On pourra discuter des efforts relatifs en fonction du niveau de préparation et d’expérience (genre, un obèse qui court son premier kilomètre sans marcher et un trailer d’expérience faisant son premier UTMB), auxquels se présentent des difficultés qui leurs sont probablement propres, une autre fois. On pourra aussi parler de conditions météos, d’alimentation et d’hydratation à un autre moment.

Examinons les aspects dimensionnels de la course à pied, soit les difficultés représentées par le type de terrain. D’abord, courir en ville et courir en plaine nature sont deux formes différentes. La première comporte un terrain plat avec peu d’embûches, les trottoirs et l’asphalte, voire les sentiers pédestres des parc ou les pistes « multifonctionnelles » sont d’un usage habituellement sans grands défis. Dans l’autre cas, courir en pleine nature, en sentier surtout, représente un autre défi; racines, trous, roches affleurantes ou libres (incluant les pierres de moraine, rondes), la nature du sol (terre meuble, sable, couvert végétal) sont des éléments qui requièrent attention et surtout expérience. De plus, les sentiers ne sont que rarement rectilignes, et peuvent zigzaguer sur une longue distance en forêt. Et puis il y a le dénivelé! Ces types de difficultés représenteront autant de types de peines à la réalisation d’un objectif de course à pied.

Bruno Heubi, ultramarathonien, propose une façon intéressante de qualifier les types de terrains en termes quantitatifs dans son livre « Courir Longtemps; Les clés pour réussir, du débutant au coureur confirmé, pour le plaisir, le bien-être ou la performance », Collection SPORT+, Éditions C. Geoffroy. Afin de convertir en distance sur le plat le parcours en tenant compte de la distance, d’un coefficient relatif à la distance et d’une majoration relative au degré technique de l’épreuve, il propose la formule suivante (page 183 à 185 de son excellent livre):

dénivelé positif de l’épreuve x (majoration technique + coefficient de l’épreuve) + distance de l’épreuve = distance estimée sur le plat

Les coefficients:
Trail court (20 à 35 km): coefficient 5
Trail moyen (35 à 50 km): coefficient 6/7
Trail long (50 à 80 km): coefficient 8
Ultra trail (80 à 120 km): coefficient 9
120 km et plus: coefficient 10

Les majorations techniques (appréciation subjective):
Trail peu technique: 0
Trail technique: 1
Trail très technique: 2

Ainsi, selon cette formule de M. Heubi:

Ultra Trail du Mont-Blanc: 166 km avec 9400 mètres de dénivelé positif, mais une majoration technique très faible:

9400 x (10 + 0) + 166 km = 94 km + 166 km = 260 km sur le plat

Grand Raid de la Réunion: 147 km avec 8800 mètres de dénivelé positif et une majoration technique de 2

8800 x (10 + 2) + 147 km = 105,6 km + 147 km = 253 km (arrondi).

Je n’ai pas l’expérience de ces distances, mon maximum à vie étant 44 km, avec peu de dénivelé, et très peu de majoration technique, ce qui fait qu’il me serait difficile de commenter sur l’adéquation de cette formule. Par contre, elle met en lumière le niveau de préparation nécessaire et surtout, la quantité d’énergie qui sera dépensée. Bien sûr, à cela, on ne tiens pas compte du taux d’humidité, de la température (ou même des changements de température entre 3 heures du matin et midi), des vents, des précipitations et quoi d’autre encore? Et on ne parle pas non plus d’un des facteurs déterminants, soit la motivation et son effritement…

Par contre, muni d’une carte topographique sur laquelle est transposée le trajet, et d’information assez fiable sur les types de terrains et les distances à parcourir sur ces types de terrain, un « traileur » pourrait planifier à l’avance ses besoins énergétiques à différentes étapes, les meilleurs cadences, les meilleurs moments pour s’hydrater, etc. en appliquant ces majorations sur des portions du parcours… Il y a là de la science à développer, laquelle, doublée avec un peu d’intuition, une préparation plus qu’adéquate permettrait d’optimiser une performance.

Mais aurais-je le même plaisir à courir si, après tant de préparation, ayant fait une petite erreur aux conséquences magistrales, je devais faire un « DNF »?

 

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas mais parce que nous n’osons pas, qu’elles sont difficiles »

Sénèque

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