V0 et pieds nus au crépuscule

Avant-hier, j’ai réussi ma première escalade de bloc en intérieur. Niveau « v0 » (Vé-zéro).

Ce n’est pas une vitesse nulle relative à un point fixe de l’espace-temps; c’est certainement un point de départ qui me confronte à ma crainte des hauteurs. Les petites prises jaunes que j’agrippent avec une certaine appréhension restent mes meilleures chances d’arriver au sommet.

Avec cela, je combine les efforts et les environnements; je pars tôt le matin en vélo pour me rendre à l’escalade. Puis, je repars à la maison par le même véhicule.

Puis je repars courir un 10 ou 12 km en chaussons minimalistes pour aller prendre une bière. Après la bière, je repars pieds nus pour un 5 ou 8km.

Pas demain. Ma dernière course pied nus m’a montrer une limite nouvelle; l’usure de la plante des pieds. Habituellement, je peux courir la distance séparant Berri/Ste-Catherine et le Vieux Longueuil avec quelques éraflures aux orteils. Hier, c’est la plante du pied gauche qui a érodé. Première fois que ça m’arrive. Pourtant couru sur du verre coupé (pied droit) sans aucune trace de blessure lors de la même course. Là c’est un beau pouce carré que j’ai du traiter.

J’ai utilisé la même technique de soin que pour les doigts en escalade; ciseau pour couper la peau arrachée, nettoyage de la plaie avec un bon désinfectant puis application d’un onguent antibiotique avec pansement. Ce soir, je peux marcher dessus. Demain, peut-être pourrai-je courir avant d’escalader?

Kakuma

Je vais courir le marathon de Montréal pour une bonne cause: le financement de l’école secondaire pour jeunes filles Morneau Shepell. Cette école est située dans le camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya, et est le fruit d’une collaboration avec le Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNCHR). Morneau Shepell, entreprise canadienne, s’est engagée à financer les activités d’enseignement de cette école jusqu’en 2020. Nous espérons ainsi accroître la population d’élèves progressivement à chaque année.

360 élèves devraient bénéficier de l’enseignement en 2017 mais aussi de la vie scolaire de cette école. Déjà 340 y reçoivent des cours visant à éduquer les filles qui deviendront demain des femmes mieux outillées à prendre le leadership du développement de ce pays. L’endroit est sécuritaire et propre à leur épanouissement.

En 2013, 550 personnes du camp y suivaient des cours en informatique, mathématiques, et en physique en plus du curriculum régulier pour les élèves. Déjà, certains se sont vu offrir des emplois.

Je vous invite à encourager et soutenir cette initiative, par l’entremise de ma page de financement:

http://www.kakumamarathon2016.myevent.com/participant/367635

Merci de votre soutien!

… et on se revoit au marathon de Montréal, peut-être?

Rien à dire pour le moment

Le fait est que beaucoup de choses se sont produites au cours des derniers mois.  J’ai bien peu à partager, ou plutôt devrais-je dire que je n’ai pas le goût de partager quoi que ce soit.

J’ai couru, fait du vélo, ai été hospitalisé 36 heures avec incapacité de marcher, perdu 12 livres en 8 heures, donné deux conférences, et me suis embarqué pour le marathon de Montréal afin d’amasser des fonds pour une oeuvre de charité.

En fait, j’essaye de sortir d’un trou noir ou je me suis enfoui durant les fêtes. Je vois de la lumière, mais je ne me suis pas sorti de l’obscurité.

Toutefois, je vais bien.

Mais je ne promet pas de reprendre ce blog; je le laisse ouvert, au cas ou.

 

Cedi dit,  je vous suggère deux excellents documentaires:

  1. Valley Uprising (sur Netflix), à propos de l’histoire de l’escalade au Yosemite.
  2. The Summit (aussi sur Netflix), à propos de cet accident au Karakoram K2, il y a quelques années

 

Droit, droit devant…

« Droit, droit devant 

Mes yeux cherchent la lune 

Je marche pour changer le temps 

Pour m’effacer dans la brume »

– Gaëlle Tavernier/Marie-Pierre Arthur

En ce jour, alors que l’on nous annonçait un déluge sans précédant pour un mois de janvier…   j’ai couru, avec le coeur dans la bonne rainure. J’ai chaussé mes gants de pieds, et me suis lancé lentement, droit, droit devant.

Mes pieds se sont enchâssés dans le sol boueux de la piste cyclable de la vieille ville, d’abord, pour ensuite marteler doucement, tels les marteaux d’un piano, les trottoirs humides, alors que le ciel s’assombrissait.

Comme à mon habitude l’hiver, j’ai fait du portage par métro, puis suis reparti à travers le parc Jean Drapeau, plongeant mes pieds gantés dans la neige à demi granuleuse, molle et froide. Certains passages, coulants, glacèrent mes pieds, qui resteront ainsi mouillés pour les 2 heures suivantes.

Sur le pont de la Concorde, la piste noire s’offrait telle une déchirure dans l’hiver, mais ô combien traitresse, avec ses glaces translucides et ruisselantes. L’avenir aurait son lot de dangers! Je me voyais les pieds bleuis et enflés, avec des ecchymoses aux genoux et aux hanches, les coudes éraflés.

Il n’en fut rien.

La course, lente, fut des plus agréables, tel le cours argenté et puissant d’un fleuve se lovant vers l’horizon, un magma froid de mercure, ancien comme le Temps.

Mes pensées s’en furent avec l’onde de pluie, m’enrobant dans cette caverne en moi, la musique comme le chant des feuilles au vent. L’air était bon. Cette méditation me permis de n’a peu près rien ressentir, mes douleurs me rappelant à la vie, de temps à autre.

Il ne manqua que la brume, le soleil faisant mentir les augures climatologistes, lacérant le ciel nacré d’un bleu éclatant, comme on en voit dans les rêves, alors que la nuit nous a emporté.

Sans bonheur ou tristesse, néanmoins rassasié, je réintégrai le monde réel, et m’enfoui dans l’eau chaude d’un bain ou je noyai la solitude restante.

Pause, ressuscite

« La vie est un processus rectiligne » – Pennac, La petite marchande de prose

Le destin, c’est ce qui s’en vient. Pourtant, le temps s’écoule comme un magma attiédi mais visqueux de ces agrégats d’événements aussi liés les uns aux autres que reconnaissables en eux-mêmes.  Un horizon continuellement en redéfinition, en achèvement perpétuel; Sysiphe, tout à la fois condamné et invaincu.

Un pas devant l’autre, semelles écrasées sous les tressaillements des muscles secoués des efforts à maintenir une efficacité qui se veut aussi gracieuse qu’économe, s’enchainent les déséquilibres vers le devant. Ce mariage entre la plante de mes pieds et ces routes empruntées quotidiennement fait sa marque; le minimalisme quasi-extrême métamorphose mon corps. Je m’attendri et m’affermi, alors que ma démarche est plus relâchée, détendue. J’évite les gravillons et autres cailloux, par des déhanchements aux sinuosités discrètes, tentant d’imiter l’eau du ruisseau chevauchant de bien plus gros écueils, me voyant un jour chevaucher vallons et montagnes. Il y a loin tout de même, de la coupe des cols et sommets, aux lèvres de l’accomplissement… Le lancé de mes orteils vers une étendue de petits écueils échappés au hasard sur ce ruban qu’est ma route projette un corps plus ou moins conscient, absorbé dans une torpeur qui n’est en rien d’innocente.

Je m’imagine naïvement « faire » mais reste très humble étant donné l’effort investi. Le coeur n’y est pas. Un peu comme le mille-patte s’interrogeant sur sa démarche, je suis pris au piège de mes réflexions, et profondément enfoui dans mes introspections, j’ai peut-être perdu cette lueur qui parfois me guidait, parfois peut-être, m’aveuglait. Le regard porté vers le passé me montre quelqu’un d’autre que moi, avec une verve et une énergie que je ne connais plus. Je ne sais trop si je suis sorti d’un rêve ou si j’erre au bord d’un cauchemar, un abîme qui me guette, une oubliette anonyme et peuplée d’innombrables oubliés. Je suis entre deux mondes, à demi-caché.

La pensée, véritable geôlier de l’homme?

C’est peut-être l’action qui nous identifie le mieux; le fleuve imagé pour un court instant apparait sans vie, malgré la richesse visuelle qu’il apporte. C’est son mouvement qui l’identifie. Il s’écoule et ainsi se définit-il; un mouvement continuel vers l’avant, une procession cantorienne de gouttes aussi différentes qu’identiques vers un puit qui reste inéluctablement mais néanmoins inaccessible.

Aux prises de l’entropie, le long cours d’eau trahi l’immobilité, rompt avec le statu quo et fuit l’emprise du silence, de l’inertie.

La vie, lorsqu’on s’y arrête, n’est qu’en apparence un processus rectiligne, un long fleuve tranquille.

Monter des gardes-boue sur un vélo; bricolage

Monter des gardes-boue sur un vélo est assez simple. Aujourd’hui, il existe des solution simples et extrêmement faciles à monter mais dont l’efficacité varie. En effet, un bon garde-boue de vélo ne fera pas que bloquer l’eau qui aspergerait le dos du cycliste; idéalement, il empêche l’eau d’asperger le vélo lui-même, notamment, le cadre, le pédalier, et même l’eau qui dégouline de long de la partie intérieure du garde-boue devrait s’écouler le ont de cet accessoire, et non éclabousser par les côtés.

Malheureusement, peu de garde-boue ont cette efficacité, et ceux qui l’ont, sont long à installer. Par contre, une fois montés, ils sont solides et très durables. Et s’ils sont beau en plus, ils constituent une valeur ajoutée au vélo.

Ci-dessous, quelques photos de ma deuxième installation de gardes-boue en aluminium, des Honjos martelés à la main pour des roues de 650b.

Le vélo:

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C’est un Steve Bauer Chinook datant de 1985 environ. C’est un vélo canadien bien fait, solide, mais pas léger. Dans sa configuration actuelle, il pèse près de 23 livres. Mais il est confortable.

Quelques vis et écrous qui me seront utiles:

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Premier perçage du garde-boue avant:

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Pose du boulon qui me permettra de modifier le métal de la jante afin de faciliter son installation:photo 10 photo 11

Joint en liège:photo 12

Installation du garde-boue avant sans le joint de liège:

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Avec le joint de liège:photo 4

Parce que les haubans de l’essieu sont un peu serrés, j’ai à regret, du modifier le garde-boue en le rétrécissant:

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Perçage additionnel pour faciliter la pose sur le cadre avec un boulon-ressort:photo 16

Attache au frein haut:photo 14

Attache au frein, fixation à l’intérieur du garde-boue:photo 13

Pose avec joint en cuir (la rondelle rouge):

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Boulon-ressort posé:photo 19

Vue d’ensemble:photo 20

Parce que les drops arrière, soit l’échancrure au cadre permettant l’installation de la roue arrière, sont horizontaux, un remplacement de la roue devient plus complexe en présence du garde-boue. Généralement, lorsque c’est le cas, il faut dégonfler le pneu pour le retirer ou le reposer. La solution: un boulon coulissant au cadre, fixé au garde-boue, avec un ressort qui maintient le garde-boue en place, mais qui sera facilement poussé vers l’avant lors du changement de roue. La solution est bonne, mais moins certain de sa durabilité. Quand même bien fier de ma petite création!

Les photos suivantes montrent l’ajout d’un deuxième joint d’attache en liège, pour améliorer la stabilité du garde-boue avant:

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Une vue d’ensemble des 2 joints d’attache en liège.

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Le résultat final:

photo 23

À venir:

Retrait du porte-bagage arrière

Remplacement du pédalier par un René Herse

Achat à venir:

  • Sacoche de guidon RSA
  • Bavettes Gilles Berthoud (ou je me les fabriquerai)
  • Décaleur Gilles Berthoud
  • Phare avant Edelux II et feu arrière Busch & Muller Secula
  • Et autres bidules…