Monter des gardes-boue sur un vélo; bricolage

Monter des gardes-boue sur un vélo est assez simple. Aujourd’hui, il existe des solution simples et extrêmement faciles à monter mais dont l’efficacité varie. En effet, un bon garde-boue de vélo ne fera pas que bloquer l’eau qui aspergerait le dos du cycliste; idéalement, il empêche l’eau d’asperger le vélo lui-même, notamment, le cadre, le pédalier, et même l’eau qui dégouline de long de la partie intérieure du garde-boue devrait s’écouler le ont de cet accessoire, et non éclabousser par les côtés.

Malheureusement, peu de garde-boue ont cette efficacité, et ceux qui l’ont, sont long à installer. Par contre, une fois montés, ils sont solides et très durables. Et s’ils sont beau en plus, ils constituent une valeur ajoutée au vélo.

Ci-dessous, quelques photos de ma deuxième installation de gardes-boue en aluminium, des Honjos martelés à la main pour des roues de 650b.

Le vélo:

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C’est un Steve Bauer Chinook datant de 1985 environ. C’est un vélo canadien bien fait, solide, mais pas léger. Dans sa configuration actuelle, il pèse près de 23 livres. Mais il est confortable.

Quelques vis et écrous qui me seront utiles:

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Premier perçage du garde-boue avant:

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Pose du boulon qui me permettra de modifier le métal de la jante afin de faciliter son installation:photo 10 photo 11

Joint en liège:photo 12

Installation du garde-boue avant sans le joint de liège:

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Avec le joint de liège:photo 4

Parce que les haubans de l’essieu sont un peu serrés, j’ai à regret, du modifier le garde-boue en le rétrécissant:

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Perçage additionnel pour faciliter la pose sur le cadre avec un boulon-ressort:photo 16

Attache au frein haut:photo 14

Attache au frein, fixation à l’intérieur du garde-boue:photo 13

Pose avec joint en cuir (la rondelle rouge):

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Boulon-ressort posé:photo 19

Vue d’ensemble:photo 20

Parce que les drops arrière, soit l’échancrure au cadre permettant l’installation de la roue arrière, sont horizontaux, un remplacement de la roue devient plus complexe en présence du garde-boue. Généralement, lorsque c’est le cas, il faut dégonfler le pneu pour le retirer ou le reposer. La solution: un boulon coulissant au cadre, fixé au garde-boue, avec un ressort qui maintient le garde-boue en place, mais qui sera facilement poussé vers l’avant lors du changement de roue. La solution est bonne, mais moins certain de sa durabilité. Quand même bien fier de ma petite création!

Les photos suivantes montrent l’ajout d’un deuxième joint d’attache en liège, pour améliorer la stabilité du garde-boue avant:

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Une vue d’ensemble des 2 joints d’attache en liège.

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Le résultat final:

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À venir:

Retrait du porte-bagage arrière

Remplacement du pédalier par un René Herse

Achat à venir:

  • Sacoche de guidon RSA
  • Bavettes Gilles Berthoud (ou je me les fabriquerai)
  • Décaleur Gilles Berthoud
  • Phare avant Edelux II et feu arrière Busch & Muller Secula
  • Et autres bidules…
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Latence et renouveau

La douleur devenait plus présente, et le pied commençait à enfler fréquemment, au point où la glace ne semblait plus avoir l’efficacité nécessaire. Je suis donc allé voir mon médecin. C’était il y a 2 semaines. Elle m’a envoyé faire des radios, et cela confirmant une fracture de la 2ième métatarse du 2ième orteils du pied gauche, elle m’a envoyé à l’urgence, au cas ou il y aurait un plâtre à faire.

C’est fou de se rendre compte que pendant 2 semaines, on se promène avec une pied cassé, sans vraiment se rendre compte de la fracture…

À l’urgence, après 10 hres d’attente, le médecin m’a annoncé ce que j’attendais; un verdict d’abstention de course à pied de 3 à 4 mois…  Et cela voulais dire un retour très, très progressif à la course à pied. On m’a prescrit une botte de marche, et une visite en orthopédie.

Ceci dit, je m’étais préparé au pire depuis longtemps. Effectivement, je savais qu’un jour j’aurais une blessure majeure, débilitante, et que de façon à éviter les effets dépressifs de la blessure, j’aurais besoin d’une activité ou deux en parallèle. Une façon de ne pas mettre tous mes oeufs dans le même panier. Et aussi favoriser la guérison; c’est nécessaire de garder le corps en sollicitation physique afin qu’il continu son travail de régénération.

Alors j’ai repris le vélo pour me rendre au travail. Pour me donner une chance, j’ai outillé le Steve Bauer, afin d’avoir une roue libre et ne pas sur-solliciter mon pied gauche. Rouler en fixe est peut-être pousser plus que je n’en suis capable. Ça m’a donné l’opportunité de poursuivre mon projet de monter ce vélo-là en randonneuse…

Une randonneuse, c’est une bicyclette de touring, essentiellement pour faire de la longue distance en position assez comfortable. C’est un vélo de route avec un plus long empattement, solide, pouvant transporter du bagage. Un superbe modèle du genre est le René Herse de Jan Heine, de Compass Cycle.

https://janheine.files.wordpress.com/2014/05/herse_outback.jpg

Une bécane superbe, équipée d’un dérailleur Nivex (introuvable aujourd’hui et à un prix à casser les tirelires de toute la ville de Montréal) me sert encore de référence. Moyeu-dynamo à l’avant, phare avant alimenté par la dite dynamo, gardes-boue, porte-bagage avant… Il faut lire son blog sur le cyclisme; très éclairant!

Bon, d’accord, le mien n’aura pas la même superbe, mais quand même… Je vais rouler en 650b x 32!

Le Steve Bauer:

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Alors j’ai roulé 20-25 km par jour, en allant et revenant du travail. J’en ai profité pour faire des intervalles de vitesse sur le pont en grimpant, ou entre deux feux de circulation. Ça m’a fait du bien.

Puis, est arrivé vendredi, avec mon rendez-vous avec l’orthopédiste. D’abord une nouvelle radiographie, afin de voir la différence entre la radio précédente, et l’état actuel de ce pied avili par les circonstances.

Le médecin entre dans son bureau. Un grand bonhomme en veston cravate.  Il me tend la main et me dit:

– Vous êtes coureur?

Je confirme.

– Vous courez beaucoup?

– De 100 à 150 km par semaine, sauf depuis cette blessure.

Il me regarde avec de grands yeux et me demande de l’excuser un moment, me disant qu’il veut me présenter à la Dre Morin, laquelle court elle aussi, mais qu’il pense qu’elle a besoin de voir quelqu’un qui « court vraiment ».

J’étais un peu gêné, si peu habitué par ce genre d’attention…

Toujours est-il que la Dre est venue, on a jasé un peu et elle m’a demandé si je courrais ce dimanche. Elle s’est rattrapée, voyant mon pied, alors que je lui expliquais qu’on m’avais dit que j’en aurais pour 3 ou 4 mois.

Le grand orthopédiste de me regarder.

– Plutôt 3 ou 4 semaines avant de reprendre la course à pied.

Mon coeur a manqué un battement alors que mes pupilles s’ouvraient aussi grandes que mes oreilles.

– Oui, parce que l’os se répare vraiment très bien, alors une reprise très graduelle dans 3 ou 4 semaines devrait faire l’affaire. Il se leva de son siège et me présenta sa main.

– Pas besoin de visite de suivi,

– Et le vélo? Je peux en faire?

– « 0 » restriction pour le vélo.

Il me tendit une prescription de 6 mois de vitamine D, et je l’ai remercié, avec l’impression d’avoir été gracié.

Ce soir-là, j’ai porté mes shorts de course préférées, juste pour être sûr qu’elle me faisaient encore…

Ecueil

Ça s’est passé mercredi. Je chaussais mes FiveFingers KSO et pour une première fois, la sensation à mes pieds était formidable. Je les sentais comme de fins gants de cuirs mince enveloppant talon, plante, et chacun des orteils telle une seconde peau.

Ça allait bien.  Tellement bien que je me suis retenu de courir trop vite, et misai sur une plus longue course en passant par le parc Jean Drapeau, via l’écluse St-Lambert.

Au km 7,  j’ai senti mes orteils du pied gauche semblant s’écarter. J’ai réduit la cadence, et ai marché un peu. Je repris la course lentement, graduellement. Arrivé au CGV, j’ai pris la décision d’arrêter, car j’avais vraiment de la difficulté à toucher le sol avec l’avant-pied gauche…

Apparemment un névrome, à en juger l’enflure sur le coup-de-pied entre le troisième et le quatrième orteil au pied gauche et tant qu’à faire, ajoutons donc une tendinopathie du talon au pied droit.

Donc, 6 semaines de repos de course, ou du moins, pas de reprise avant d’avoir éliminé la douleur (marche lente au plus) et exercices d’étirement variés.

Puis on reprendra la course de zéro; marche course en parts égales, sur courtes durées. C’est la vie.

Est-ce vraiment tout?

Certainement pas: vélo, calesthéniques, etc. seront le moyeu de mon entraînement des 6 prochaines semaines! SKCR Rides Again!

Rebond

J’étais pas à mon meilleur dernièrement. Les côtes, c’est long à réparer! Disons que 2 sur trois sont maintenant ressoudées; reste la 11, la flottante. Beaucoup pensé à imaginer des façons « do-it-yourself » pour me l’enlever. Mais non, il n’y a pas de techniques simples comme pour les dents pourries (attachées à un fil de pêche à une poignée de porte que l’on ferme avec une très grande force). J’ai donc accepté la douleur.

Ceci dit, je n’ai pas chômé:

Je suis maintenant certifié « coach de course à pied » course à pied.ca Mon examen, qui me rendait un peu nerveux, n’avait qu’une erreur. Le plan d’entrainement impliquait que mon athlète augmente sa VAM (vitesse aérobique maximale) de 15,5 à 16 afin d’accomplir un 5km en moins de 20 minutes. Alors beaucoup de travail en intervalles (un peut trop par moment) et un affûtage bien mené, sauf pour la dernière journée. Mon erreur? Lui faire 20 minutes de course à 100% de la VAM la VEILLE de sa course.  On apprend à tous les jours! D’ailleurs, persuadé je suis que je commence un long périple d’apprentissage avec mes aspirants coureurs à venir. J’espère leur donner plus que je ne recevrai!

Je suis passé à la chaussure minimaliste. Au cours du dernier mois et demi, j’ai couru pieds nus (plus de 12km sur le pont JC), 190km en bikila et aujourd’hui, j’ai étrenné des KSO (10km). Aucun regrets. Cependant, c’est vrai que la transition doit être très très progressive; je peux à peine compléter un 10km (matinal) et 7 ou 8 sur le retour du travail. La sollicitation des muscles et des tendons gastrocnémiens, tibial postérieur et le solaire. Ça, c’est sans compter pour la plante des pieds qui est à risque d’objets contondants; on peut courir sur du gravier, mais le caillou seul sur le béton, ça fait mal.

Cela veut dire que mon volume hebdomadaire est tombé à 50% de ce qu’il était il y a 1 mois et quelques, avant ma chute. Par contre, j’ai réussi un kilomètre à 4 minutes 28 aujourd’hui, alors la forme reviens. Quand je pense que j’avais une VAM de 16.75 il y a près d’un mois!

Ma tension artérielle s’est aussi améliorée; 119/65, avec un pouls de 55 au repos. Ça me fait très plaisir ça. Il y a un mois, je frisais l’anormal sur ce tableau.

J’aurai à ma charge un club de course, probablement 2; un débutant et un avancé. Ce sera très privé, car directement en association avec mon employeur. C’est encore à l’état de projet alors on verra quand il y aura de quoi à voir.

Mentalement, j’ai passé des moments plus difficiles. L’isolement, la douleur, les deuils aussi; le recul important dans ma forme a exigé que j’annule ma participation à l’UTHC 65. J’ai pensé me réessayer sur la Chute du Diable, à un kilométrage moindre mais le coeur n’y est pas. J’ai trop à faire dans cette maîtrise du minimalisme.

Et le vélo me manque un peu. Seulement 2000km de faits cette année; c’est mieux que l’an dernier, et je suis certainement plus en forme qu’alors, mais il faut que j’en fasse plus. Si je pouvais atteindre 5000km en course à pied et 5000km en vélo en 2015, je considèrerais l’année rescapée de manière acceptable. Mais l’an prochain, c’est 7500km de course et 10000km en vélo qui seront mes objectifs.

Et il y a aussi l’escalade. Si la 11 peut se remettre pour que je fasse du bloc! AH!

Ça s’en vient… Ça s’en vient… Ça s’en vient…

Intermezzo

Entre deux états, il existe un passage, un lieu-frontière qui n’est rien, qui n’a ni temps, ni espace, ni valeur. C’est une ligne d’horizon, fugace; au loin, c’est une ligne, mais bien habile celui, ou celle, qui la touchera du doigt.

La transition, c’est cette situation ou on est entre deux à venir; le premier est passé, l’autre s’en vient, mais ce qui est entre les deux est du vide.

Un vide douloureux, un concept avec un ensemble d’émotions, comme l’attente de l’Amour, alors que l’aimée est au loin, inaccessible, et qu’aucune séduction n’est possible, bien que tout soit concevable. Ce n’est pas la mort, mais ce n’est pas la vie. Ce n’est ni naissance,  ni terminaison. Mais il s’y passe quelque chose… Ce n’est pas divin, mais c’est proche de l’illumination, de l’élévation… Écoutez Coltrane et son Ascension… C’est métaphysique…

C’est une singularité.

J’ai commencé à courir pieds nus, afin d’augmenter la qualité de ma proprioception plantaire. Je cours sur le pont, là ou le béton est relativement poli, mais ce dernier montre parfois des dents.

Je fais attention à ne pas trop rebondir, mes pas affleurant le sol, adaptant ma technique du bout des orteils. Je porte grande attention à mon diaphragme qui pousse vers le haut à chaque pas. Si la chair réagit bien à l’atterrissage, j’ai appris que mon pied gauche traine au sol 2 mm plus bas que le droit.

Ce qui donne un pansement à l’orteil avant le petit dernier du pied gauche. Un orteil légèrement érodé.

Une singularité éducative, qui donne le goût du (de) sacré(r).

La chute

Tout allait bien, du moins dans mon imaginaire, et les données du réel le suggérait d’autant. Mon entrainement allait bien…

Je suis donc parti en pignon fixe avec 30 livres de stock sur un vélo de 20 livres et moi dessus, 150 livres à sec. Peu de budget; j’emmenais une partie de mes repas avec moi (des conserves de sardines). Je suis donc parti avec le SilverCat, le vélo né de ma chair (je l’ai fabriqué), et ai rallié Québec après 288km en 12 heures piles, incluant 1.5 heure d’arrêt. J’ose dire que c’est un record personnel. Mon copain Stijn m’a offert le gîte (si tu savais Stijn à quel point tu m’as aidé! Et ta petite famille: vous êtes formidables!!).

Le lendemain, je ralliais le camp Le Saisonnier pour la formation de course à pied .ca, afin d’être certifié. Durant mon séjour, j’ai rencontré des gens formidables, j’ai couru dans la piste de la Clinique du Coureur, je m’y suis perdu, j’ai grimpé etc. Formidable!

Le cour était super; de bons formateurs, de bons conférenciers, généreux, convaincus. Fait mon premier Léger-Boucher (VMA à 16.73 et FC Max à 192 YEAHHHH!!!). Mon argent a été bien investi!

5 jours plus tard, je quittais pour le Mont Ste-Anne pour le 50 km de la Québec MégaTrail. La randonnée de vélo pour se rendre avait de la côte en masse, assez pour m’inquiéter de mes capacités à faire la course le lendemain… Mais j’avais hâte! j’étais anxieux de bien faire! Le vendredi soir, il y avait la conférence de Joan Roch sur le commuting en course à pied. J’avais tellement à partager, mais je me suis tût; pas mon show. Et c’est correct comme ça.

Le lendemain, je quitte pour la course.

Le départ, fébrile comme d’habitude, se passe bien. Ça va drôlement bien. En fait, je sais que je vais légèrement trop vite. Mais le coeur va, les jambes vont, je me sens à la limite, mais ça grimpe drôlement bien… Je croise Julie Cloutier (sympa!) et quelques autres. On sent qu’il y a une communauté, une certaine camaraderie… J’aime! Je retrouve un peu le plaisir que j’éprouvais avec mes collègues randonneurs… Je pense que ce sera une belle course et que je vais bien faire.

La course du 50km est une boucle de 25km parcourue 2 fois, avec un total de 1800 mètres de dénivelé positif. Après avoir conquis le premier 800mètres (la piste est loin d’être aussi technique que la Trail du Mont Sutton), j’amorce la première grande descente. On est dans une zone de servitude d’Hydro-Québec, dons sous les lignes haute-tension. Ça descend bien et je ralenti le pas, suivant les conseils de Mylène (merci!!!), une collègue de la certification, afin de m’économiser pour le deuxième tour.

Je descend, puis un très court instant, un voile noir couvre mes yeux; je pense à autre chose… Je ne me rappelle pas de quoi, mais je sais que pendant une fraction de seconde, je suis ailleurs, dans ma tête.

S’il y a une chose que j’ai appris durant ma certification, c’est que j’ai une très bonne posture de course. Mon Garmin me confirme depuis plusieurs mois que mon oscillation verticale varie entre 7 et 8.5cm. Je ne bondis pas en courant; j’effleure le sol de mes pieds. Sur un trottoir, l’asphalte, piste cyclable ou sentier urbain, c’est extrêmement efficace. En trail, c’est de la folie. Et il faut rester attentif!

Au km14, mon pied gauche effleure une pièce surgissante. Le temps de sortir de ma torpeur, je m’effondre rapidement sur mon flanc droit (je suis en mode descente après tout). Groggy, un peu étourdi, je me relève tant bien que mal, avec la peau de l’épaule sérieusement amochée (j’ai une photo pour ceux qui le désirent) et le genou droit a vu sa rotule cogner une pierre. Mais ce n’est que plus tard que je me rendrai compte que mon flanc droit, a aussi écopé.

Relevé, j’ai poursuivi ma course, mais la douleur grandissante perçait la membrane d’adrénaline qui me rendait jusque là insensible. Arrivé au ravitaillement du km15, j’ai bu, pris une seconde pour faire une vérification rapide et me rendre compte qu’à ce stade, je pouvais encore m’élancer. Ce que j’entrepris.

Au km 20, les descentes sont plus techniques, et le choc de mes pas passant par mon diaphragme, rends chaque pas de plus en plus difficile et douloureux. Je me met à marcher et contemple la résignation à l’abandon. Des coureurs me croisent, s’informent de mon état. « Oui, ça va », « Non ça va pas et je vais abandonner » sont les commentaires laconiques qui sortaient, irréels, de ma bouche. Je ne pouvais pas croire que j’allais abandonner…

2 km avant de boucler le premier circuit, j’allais mieux, alors je me suis remis à courir. La douleur est revenue, croissante. Au ravitaillement du km25, j’ai demandé à consulter un secouriste. Après quelques questions et quelques tâtons, la question était:

« Semble rien y avoir de cassé. Ça dépend de tes objectifs! »

« Je cours pour le plaisir… Mais si c’est pour s’aggraver dans les dernier 15km de descentes… »

Je devais aussi penser au reste de mon plan: après la course, j’avais 3 heures pour rallier la gare du palais, et prendre le train de 17:45, 50km plus loin. Et si j’étais blessé ai point de ne pouvoir pédaler? Pire: Si mon état empirait en milieu de course, comment ferais-je pour me rendre à temps au train? Et je n’avais pas le budget pour me payer une chambre d’hotel…

J’ai donc abandonné. DNF comme dans « Did Not Finish ».

La petite histoire (la mienne, pas celle du Monde) dira que c’était une décision sage. J’en ferai une force pour me convaincre de faire mieux la prochaine fois.

J’ai donc pris ma douche à l’hôtel, puis suis reparti en vélo avec ma douleur au flanc et les 200livres à traîner. 210 avec les notes du cours de certification…

En route, roulant 30-35km/hr, j’ai croisé un nouveau retraité qui m’a guidé vers la gare, tout en me racontant les buissons visités en catimini avec ses conquêtes le long de la piste cyclable. Il avait peine à croire que j’étais blessé En fait, j’avais mal en forçant sur les pédales, mais une fois la vélocité de croisière atteinte, ça allait bien. Dans le train, j’ai lu des magazines d’escalades, et pris une bière. Les magazines d’escalade (Climbing, Rock&Ice, Alpinist; elles me détendent avec leurs paysages de verticales folles avec des humains qui rampent vers le haut…).

Arrivé à la gare, à 21:30, je me suis dirigé vers le pont Jacques-Cartier, pour apprendre que les vélo sont interdits en soirs de feux d’artifices, même à marcher à côté. Je me suis dépêché à aller au parc Jean Drapeau, espérant passer par l’écluse de St-Lambert. La traversée de la foule dans le Vieux Montréal fut épique… et ultra-lambine…  Arrivé au parc, je suis arrivé devant une piste clôturée, et du me résigner à me rendre à la sortie de l’Ile Ste-Hélène, pour attendre la fin des feux et le OK pour circuler.

À 23:30, j’ai atterri chez moi, me suis farci 3 doubles IPA, et 4 toasts au cheddar et vinaigre balsamique, et finalisé le crash dans mon lit. Ce fut douloureux pour mes côtes…

4 jours plus tard, j’appris que j’avais une côte cassée. Mais ce n’est qu’une semaine et demie plus tard, après avoir visité mon médecin, que je su que j’en avais deux de cassée, mais si subtilement, que je pouvais reprendre la course à pied, en évitant les sports de contacts.

Dieu merci, je suis célibataire….

PS: Avec les nouvelles d’aujourd’hui, alors que je pensais m’abstenir de faire la UTHC 65km en septembre, je pense revenir au plan original; je vais la faire! Mais je vais aussi me retaper un 50km avec 2000mètres de dénivelé, sans tomber. J’aurai ma vengeance!

Je suis ultrafondeur.

Quand on fait de l’ultrafond… on devient ultrafondu!

Comprenant qu’un ultra est « toute distance dépassant celle du marathon », soit 42. 23 quelque chose, si on en fait un peu plus, alors on devient ultrafondeur.

Hier, j’ai fait mon premier 50km (et quelques 250 mètres). Ça m’en a pris 5 heures 8 minutes, comptant 45 minutes d’arrêt à Pointe-aux-trembles, où j’ai rempli une dette avec un ami (qui paye ses dettes se fait des amis, dit-on).

En plus, j’avais envie d’aller lui serrer la pince. Toujours agréable de serrer la nageoire du requin jaune!

Je n’ai pas couru rapidement; en fait, j’étais bien plus préoccupé par maintenir une fréquence sous les 155 le plus possible. Bien c’est raté.

fcs

Avec 5:03 au kilomètre…

Prochaine fois, ce sera moins rapide.

J’avais sur le dos mon sac d’hydratation UltrAspire alpha, avec une vessie de 2 litres (dont j’ai bu le 3/4 ) plus une eau Perrier et un grand verre d’eau, cuvée requin jaune, 4 barres Fruit3 (j’en ai pris 3).

Il faisait beau et le temps était bon.